Supprimer toutes les publicités avec l'asso-pack + ?
Commander !
L'option espace privé est désactivé sur ce site internet

Marie Thérèse 15-7-2020
A Contre –Courant. Antoine Choplin
Voici un beau livre qui devrait allécher les amateurs ,dont je suis ,de récits de marche.
Antoine Choplin nous y invite à remonter l’Isère selon un itinéraire qu’il conçoit « Au plus près de la rivière » et qui va du confluent avec le Rhône, au Nord de Valence, jusqu’à la source, dans le secteur oriental du Massif de la Vanoise, à quelques pas du refuge de Prariond.
Il entreprend à pieds un parcours dont la principale des clauses est que « La rivière décide de tout ».Ceci impliquera « une soumission aux nécessités géologiques » et non pas une recherche de l’exploit ou de l’esthétique des paysages.
Second caractère de ce projet :scinder le parcours en quatre étapes ,une par saison, afin de « revoir l’Isère sous tous ses climats ».
Le voilà parti, à raison de trente kilomètres par jour,sac au dos , pour cette progression à contre_courant, non sans avoir posé au préalable pour nous les motivations de sa marche : »Je veux pouvoir goûter le chemin entre chacun de ses fragments, y réfléchir, écrire… », « envisager la suite avec gourmandise, crainte ou impatience, éprouver un peu l’écoulement du temps ».
Ainsi nous comprenons que ce livre ne sera pas exactement l’un de ces récits de marche comme il en est tant.
Certes, combien trouverons-nous à savourer de beauté et d’aridité, de couleurs , de sons, d’odeurs, au fil des pages ! A suivre , un pas après l’autre cette exploration ,l’âme confinée du lecteur immobile peut jubiler.
Or, ici , la plume du routard est tout autant celle de l’écrivain , du poète, et très profondément aussi celle de l’être qui interroge sa vie.Comme tout homme se trouve un jour conduit à scruter les chemins qu’il a empruntés,les choix , les rencontres qui en sont nés, l’auteur se place aussi, en de brefs instants , « à contre –courant » de sa vie.
Avec une précision, encore, il nous avertit que dans ce récit l’écriture se taillera une belle place, tant il est vrai qu’il « sait combien la marche peut susciter l’écriture , mais aussi en interroger le sens et la forme en convoquant des angles de vue inédits »Dans les pages de ce journal de marche, la matière littéraire , lorsqu’elle se trouve scrutée, c’est toujours à la faveur d’un changement : le pas, une lumière, un aspect du chemin,et cela donne une grande délicatesse à toutes les considérations sur l’art d’écrire « juste ». Réflexion et marche s’enlacent souplement, pour un aboutissement qui trouve soudain une réponse, tout comme le pas,lui, se propage de but en but sur la terre choisie.
Je souhaite à tout lecteur de se laisser happer comme moi par la lecture de cette prenante déambulation! Et d’éprouver à son tour l’émotion de découvrir dans la blancheur des pentes : LA SOURCE et « les premiers élans de la rivière ».
Ce qui est certain, c’est que je veux ,pour ma part, refaire souvent le chemin gravé là, en ce très beau et dense texte.
Vidéos de présentation
https://www.youtube.com/watch?v=Wc6lXhxSOvw
https://www.youtube.com/watch?v=w6-UVwgE8kk